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Planguenoual/Historique

Histoire de Planguenoual

Située sur la côte de Penthièvre dans le département des Côtes-d'Armor, la commune de Planguenoual figure parmi les nombreuses communes littorales dont l'histoire économique et sociale fut essentiellement rythmée par les pratiques agricoles et les usages d'une population majoritairement rurale. D'une superficie de 3290 hectares, le territoire est limité au nord par les communes de Pléneuf-Val-André et de Saint-Alban, au sud par celles de Saint-Aaron et de Andel, au sud-ouest par la commune de Morieux et au nord-ouest par la Manche. Sa population était de 1805 habitants au 1 janvier 2007 (1552 au recensement de 1999), 1751 en 1854, 1836 en 1906, 1540 en 1946 et 1562 en 1882.

ZoomLe village et ses villageois (Maison Rohon, pêcheur à pied avec sa hotte, artisan boulanger)Histoire :

Des haches de silex taillés et des objets de l´Age du bronze final trouvés au Crapont, l’emplacement de  l´ancienne voie de Corseul à Carhaix etdes traces d´occupation romaine mises en évidence au Prédéro, à Treutran et la Corderie, témoignent de l'ancienneté de l'implantation humaine sur cette partie du littoral costarmoricain.
Planguenoual est aussi une ancienne paroisse bretonne primitive comprenant à l´origine Morieux et probablement Andel. Comme l´indique Bernard Tanguy, c´est un saint breton nommé Conval, en vieux-breton Cunwal, qui est l´éponyme de Planguenoual. Conval aurait vécu vers la fin du 6e siècle. Formé dans un monastère de Plougrescant, dans le Trégor, élevé à la prêtrise, il aurait fondé un monastère à Penvénan avant de mourir à Tréguier. Curieusement, cette « Vie » rédigée au 10e siècle et centrée sur la région de Tréguier ignore Planguenoual qui, à la différence des paroisses de Plougrescant et de Penvénan, n´a conservé dans sa toponymie et ses lieux de culte aucun souvenir de son saint éponyme.

Dès 1138, l´église paroissiale a été dédiée à Saint-Pierre. C´est à cette date que l´on rencontre pour la première fois le nom de Planguenoual, alors cité sous la forme « Plogonoal ». Avec l´accord de l´évêché et du chapitre de Saint-Brieuc, l´église fut donnée à l´abbaye Saint-Melaine de Rennes par deux frères laïques. Si l´église est évoquée dès la 1ère moitié du 12e siècle, la paroisse n´est explicitement mentionnée qu´en 1215 dans les chartes de l´abbaye Saint-Melaine de Rennes. Elle apparaît alors sous la forme « Plogoneal ». Désigné à plusieurs reprises sous les formes « Plegonal » (1144), « Ploecongual » (1152), « Ploguenoal » (1202, 1248), « Ploguenoual » (1290) et « Ploengonual » (1294), le toponyme actuel apparaît dès 1420.

Planguenoual procéda à l'élection de sa première municipalité au début de l´année 1790 et remplaça par la suite Andel comme chef-lieu de canton. Elle fut le chef-lieu d´une municipalité cantonale sous le régime de la constitution de l´an III, de 1795 à 1799, puis chef-lieu de canton du début du Consulat jusqu´en 1801.


Le patrimoine architectural :

La présente enquête a permis de repérer un total de 59 oeuvres, dont 31 relèvent de l'architecture domestique et agricole, 12 de l'architecture religieuse, funéraire et commémorative, 9 de l'architecture du génie civil, 3 de l´architecture de la vie publique, 2 de l'architecture militaire, 1 de l'architecture artisanale et 1 de l'architecture commerciale (hôtel de voyageurs).

La chronologie du corpus s´étend des environs du 10e siècle à la 1ère moitié du 20e siècle, incluant plusieurs manoirs et châteaux de l'époque moderne (16e, 17e et 18e siècles) - 48 nobles et tenants de fiefs se présentèrent à la montre générale de Moncontour en 1469 -, ainsi qu'une assez forte proportion d´oeuvres datant de la fin du 19e siècle et du début du 20e siècle.

- Le Moyen Age  :

L'architecture médiévale reste, comme dans la plupart des cas, peu représentée dans la commune. Outre l'atelier de poterie du Frêche-Clos, dont la découverte a permis d'attester l'existence d'une activité de production céramique à Planguenoual dès l'époque carolingienne, on portera une attention particulière à la croix de l'Hôpital [fig. 5], ainsi qu'au manoir de la Ville-Méen. Si la première, datée probablement du 14e siècle, revêt une forte valeur patrimoniale du fait de son ancienneté, de son état de conservation et du traitement du décor porté, le second [fig. 6 et 7] présente des vestiges datant du 1er quart du 15e siècle.


Zooml'Hôpital. Croix de chemin datant probablement du 14ème siècle

ZoomVue générale du manoir de la Ville-Méen

- Les Temps Modernes (16e, 17e et 18e siècles)  :

Daté probablement du 16e siècle, le colombier de Vaujoyeux [fig. 4] s´impose par son plan quadrilobé comme un élément architectural remarquable. Si l'édifice privé appartenant à Monsieur Dayot, restauré il y a une douzaine d’années, demeure exceptionnel à ce jour en Bretagne, tel ne fut pas le cas auparavant comme en témoignent les plans cadastraux parcellaires du 19e siècle signalant la présence de ce type de colombier au Guémadeuc et au Vauclerc en Pléneuf-Val-André.

Toujours au chapitre de l'architecture nobiliaire, on notera le repérage des manoirs de la Hazaye, des Bignons, de la Petite Ville-Hervé, de la Ville-Méen, du château du Hourmelin et de la Grande-Ville-Hervé [fig. 8 à 13]. On réservera une attention toute particulière aux deux premières constructions du fait de leur état de conservation [fig. 8 et 9], tout comme au manoir de la Ville-Méen [fig. 11] dont le logis présente une structure de type ternaire achevée dès la fin du 17e siècle ou au début du 18e siècle (soulignons que cette structure fera florès à la fin du 19e siècle, aussi bien en milieu rural qu'en milieu urbain). Construit vraisemblablement dans la 2ème moitié du 18ème siècle, le château de la Grande-Ville-Hervé offre, quant à lui, l´unique exemple sur la commune d´une architecture construite sur le modèle de la malouinière [fig. 12]. Enfin, le château du Hourmelin [fig. 13] constitue au sein du corpus un élément architectural de premier ordre, tant sa structure et son environnement architectural exceptionnel (portail, chapelle, vaste parc et avenues) révèlent une oeuvre d´architecte, mais surtout un souci d´agrément jusque-là nullement représenté dans la commune.

On n'omettra pas de remarquer au sein du champ patrimonial la présence de la croix des Bignons [fig. 14], tout comme celle du logis-étable des Bruyères [fig. 15]. Daté du 17e siècle, certainement remanié au 19e siècle, cet édifice, unique en son genre dans la commune, suffit à démontrer par sa seule structure, par la modestie de ses dimensions et la mise en oeuvre des matériaux de construction, l'emprise du système agricole vivrier dans le paysage architectural de la commune.

ZoomLe Vaujoyeux. Colombier à quatre tours datant probablement du 16ème siècle

Zoomla Hazaie. Façade antérieure du manoir (vue prise en 1976)

ZoomLa Petite Ville-Hervé. Façade antérieure du manoir (2ème moitié 17e siècle)

Zoomle Hourmelin. Vue générale du château (18e siècle)

ZoomLes Bignons. Croix de chemin provenant de la Mayenne (18e siècle)

ZoomLes Bruyères. Logis-étable (17e siècle)

- La période contemporaine :

Les 19e et 20e siècles fournissent davantage d´oeuvres et élargissent la thématique architecturale en offrant des témoignages de l´architecture du génie civil et de la vie publique.

Outre les anciennes voies ferrées d´Yffiniac à Matignon et de Lamballe à Saint-Alban, dont le tracé du réseau routier demeure l´unique vestige, et dont le repérage permet d´associer le nom de l´ingénieur Harel de la Noë à l´histoire architecturale de Planguenoual, l´enquête a permis d'intégrer au corpus, le pont de la Ville-Méen. Daté vraisemblablement de la 1ère moitié du 19e siècle, son intérêt architectural réside dans la technique employée pour la mise en oeuvre du tablier appareillé de dalles de grès débitées dans les carrières d´Erquy. On retiendra également pour l'architecture de la vie publique et administrative l´ancienne école communale des garçons incluant les locaux de la mairie construite vers 1860 et agrandie par l´architecte Armand Beuscher vers 1882].

La période contemporaine présente un nombre assez important d'édifices relevant de l'architecture religieuse, funéraire et commémorative, à l'instar de la croix du Val-Bouan, érigée en 1892 par les propriétaires du château du Val, de l´église paroissiale Saint-Pierre et Saint-Paul, construite dans un style éclectique par l´architecte diocésain Le Guerranic, et du monument aux morts issus des ateliers de Louis Charpentier, entrepreneur de monuments funéraires à Lamballe. On notera également la présence de la chapelle Sainte-Barbe, reconstruite en 1822, restaurée en 2005 et de la chapelle Saint-Marc édifiée en 1859, en cours de restauration en 2010 et de la chapelle Saint-Yves du Hourmelin reconstruite au début des années 1860.

Au sein de l´architecture domestique et agricole, le château du Val, construit en 1893 sur le site d´un manoir ayant conservé des vestiges du 17ème siècle, s´impose par ses dimensions et son style inspiré à la fois du castel anglais et des hôtels urbains parisiens de la fin du 19e siècle, comme une oeuvre d´intérêt majeur. Quelques beaux exemples d´architecture vernaculaire locale, voire d´architecture dite précaire viennent cependant rappeler l´enracinement des pratiques agricoles vivrières dans le paysage architectural de Planguenoual. Les hangars à orthostates de la Longueraie, des Houssayes et de la Grande-Ville-Hervé, le hangar à charpente à couverture végétale de la Longueraie, ou l´unique témoignage d´une architecture de terre encore présente au lieu-dit la Hutte  affichent de manière éloquente cette ruralité décidément bien ancrée sur le littoral des Côtes-d´Armor.


Le patrimoine mobilier religieux :

Planguenoual a conservé très peu d´objets mobiliers religieux. L'église, construite en 1903, possède deux statues de saint Pierre et saint Paul en bois polychrome du 18ème siècle restaurées en 2003.

La statuaire du 18ème siècle constitue d´ailleurs l´essentiel du patrimoine mobilier religieux conservé dans les chapelles Sainte-Barbe et Saint-Marc. Signalons toutefois la présence d´une Trinité datant du 15ème siècle, restaurée en 2005, dans la chapelle Sainte-Barbe .


ZoomSaint Pierre

ZoomSainte Marguerite

ZoomLa Trinité

Le patrimoine littoral de la commune de Planguenoual :

La commune de Planguenoual étire ses côtes à falaises (143 ha), bordées de landes côtières, de la pointe de Longue Roche jusqu'au groupe de roches des Ermeleux face à Port Morvan. Cet alignement remarquable de falaises schisteuses, de formation quaternaire sur un escarpement tectonique est seulement interrompu par le vallon de Jospinet (10 ha). Les falaises offrent des points de vue singuliers sur la baie de Saint-Brieuc.

Les espaces littoraux remarquables de la commune occupent une surface totale de 458 hectares 62.
Le vaste estran sablo-vaseux de plus de 300 hectares est dans la dépendance biologique, écologique et paysagère de la baie de Saint-Brieuc (Réserve naturelle sur le Domaine public maritime) : frayères, filières du Gouessant.

Une agriculture littorale de polyculture-élevage s'est développée en retrait des landes boisées des falaises. Cependant depuis le milieu du 20e siècle, de nouvelles productions intensives (veaux et porcs) sur une surface agricole utilisée de 2395 hectares ont remplacé les exploitations traditionnelles vivrières plus petites : ces petites fermes étaient appelées des "petits endroits". Aujourd´hui 52 exploitations professionnelles ont une surface agricole utile moyenne de 34 hectares.

L'habitat traditionnel regroupé en hameaux sur des tertres (la Cotentin, la Tercherie) ou en flanc de vallon (Pont Rouault), un peu éloigné de la mer, pour se protéger du vent, a conservé un caractère rural. La recomposition sociologique des hameaux, avec l´arrivée de nouvelles populations non originaires du lieu, transforme le paysage social de cette campagne.

Les enjeux écologiques de la commune sont liés au maintien des équilibres entre la maîtrise de la qualité de l´eau dans les bassins versants, la conservation paysagère des sites et les usages littoraux : frayères, pêche à pied, mytiliculture sur bouchots, plaisance, tourisme. L'histoire des anciennes pêcheries dont celle du Vauglin datant de 1624 reste à étudier.

Entre ces 6 km de côtes, les littoraux ont aménagé plusieurs accès à la mer et à l'estran, (sources de richesses), pour les piétons et les charrettes : escaliers en pierre à la Cotentin, au Vauglin, chemin d´accès à la Baleine, ancien chemin charretier au Pont Rouault,  cale de Jospinet (Chausse-Pinet ou chaussée Pinet). Tous ces parcours menant à d'autres chemins dans la grève depuis le Moyen-Age, pour aller de Planguenoual à Morieux et de Morieux à Hillion jusqu'à Saint-Brieuc. Aujourd'hui, un réseau très dense de chemins piétonniers parcoure la commune d'est en ouest.

Un ancien sémaphore (figuré comme sémaphore ou cabane du sémaphore sur le cadastre de 1811/parcelle n°1030/ et de 1846) semble avoir existé vers la pointe du Vauglin (aujourd´hui disparu). Le chemin du sémaphore est encore signalé aujourd'hui. Une cabane des douanes aurait aussi existé à la Cotentin, avant d'être déplacée au bourg de la Cotentin entre le 19e et la début du 20e siècle.

Le bâti littoral de la commune est à l´échelle de sa vocation maritime restreinte. L´aménagement d´installations mytilicoles à terre et en mer renouvelle l´utilité de la cale de Jospinet et l´aménagement de ses abords.

1 Les villages de pêcheurs à Planguenoual

Planguenoual

Plusieurs hameaux de cette commune regroupaient des foyers de pêcheurs à pied : le Pont-Rouault, dont quelques représentants de la famille Lesage de la .Longeraie pratiquaient la pêche aux bas-parcs. On accédait de la Longeraie aux grèves par une sente façonnée dans la falaise, située entre Jospinet et le Pont-Rouault, surnommée « l´Avallouère ». Sébastien Lesage, dit Bastien Meno symbolise cette époque (en carte postale). Il y avait aussi un certain Guérin de Morieux.

La Cotentin : le plus gros village de Planguenoual, habité par des pêcheurs à pied.
Ce village doit son nom à la seigneurie de Saint-Costantin qui fut sans doute le fief patronymique de la famille Costantin de Planguenoual au 15e siècle. A partir de 1853, la profession de pêcheur à pied ne semble plus être déclarée. Dans les années 1920, la famille Le Chantoux pratiquait encore la pêche aux bas-parcs. En 1926, quelques femmes se déclaraient encore « pêcheuse » : Marie Nicolas (née en 1877 à Hénansal), Marie Angélique Rohon (née à Planguenoual en 1869) et Marie Cardin (née en 1867). Cette déclaration apporte la preuve d´une pluri-activité familiale et de l´apport de la pêche comme complément de ressource.

Un peu plus au nord-est, le fond de l´anse de Port-Morvan, abritait quelques chaumières.
Les textes de l´Ancien Régime évoquaient les droits de pêcherie de la Vicomté de Saint-Denoual.

La loi de 1852 supprima les bas-parcs ; cependant, il existait encore quelques bas-parcs dans les grèves de Trahillion en 1953.

Au 19e siècle, le village de la Cotentin abritait des groupes sociaux très divers : une grande proportion d´artisans, des gens de l´administration des Douanes (le hameau comptait une brigade des Douanes), quelques familles de pêcheurs, tout comme dans les villages du Pont-Rouault et du Petit Crapon (AD 22 6 M-356 et 357).


2 Inventaire des pêcheries ou parcs de pierres de entre la pointe d´Hillion et la pointe de Pléneuf

A Planguenoual : les écluses de Roemel, insérées entre les rocher de Roemel, avec un arc mesurant 135 mètres, reliant son extrémité au rocher des Armoteaux.. Un autre alignement de pierres relie Roemel au platier de la Roche à Margot. D´autres affleurement rocheux complètent ce dispositif, formant une succession de « bassins » : les Juliennes.

L´écluse du Vauglin : la crique du Vauglin recèle les vestiges d´une écluse dont la construction fut demandée en 1624.

L´écluse du Becleuc : le sentier descendant de la Haute Ville à l´anse du Becleuc sert de limite aux communes de Planguenoual et de Pléneuf. Au milieu de la crique, une longue faille, parallèle à la côte et de direction SW-NE, dans le plateau rocheux, forme une mare assez large et semble avoir été barrée à ses extrémités nord et ouest par un barrage de pierres.

Pléneuf : écluse à Bérart, écluse du Pissot, éclusede Piégu (la plus longue et la plus haute selon la tradition orale), écluse à Rouinvy, les parcs de l´îlot du Verdelet, l´écluse du Creil, l´écluse de haut-Guen.

ZoomVue générale d'une ancienne pêcherie : écluse ou parcs en pierres, rochers de Romel (la Cotentin)

ZoomVue générale d'une ancienne pêcherie ou écluse de la Cotentin

ZoomAncienne pêcherie de Roemel (la Cotentin)

ZoomVestiges d'e l'ancienne pêcherie de Roemel en 1985 (la Cotentin)

ZoomVestiges de l'ancienne pêcherie Roemel devant le rocher Margaux en 1985 (la Cotentin)

ZoomL'ancienne pêcherie du Vauglin sur Planguenoual

ZoomVue de détail de la pêcherie du Vauglin sur Planguenoual

ZoomLes rochers à l'ouest de la tourelle Trahillion : la pêcherie des Moulières

ZoomRochers de la pêcherie de Pont-Rouault

ZoomPêcherie en pierre ou écluse (Traité des Pesches, Duhamel du Monceau, 1769)

ZoomPêcherie : filets ou rayes (Traité des Pesches, Duhamel du Monceau, 1769)